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Denis Murail sculpte le bonheur

Denis Murail présente quelques-unes de ses oeuvres

Fils du célèbre sculpteur Henry Murail, Denis Murail est comme Obélix et la potion magique, il est tombé dedans quand il était petit. Aujourd’hui retraité, il partage sa passion avec les élèves de ses ateliers. Rencontre à son domicile.

Comment devient-on sculpteur ?

La sculpture, c’est toute ma vie. J’ai commencé professionnellement à 15 ans. J’ai travaillé pendant sept ans avec mon père (NDLR. Il est le fils d’Henry Murail, sculpteur classique, auteur de la statue du Général Leclerc, square Amiral Halgan - Nantes) puis j’ai fait deux années aux Beaux-Arts de Nantes. J’ai commencé à donner des cours à 18 ans à la MJC de Saint-Herblain. A l’époque, c’était pour prêter main forte à mon père qui y enseignait également. Ca a duré 42 ans. J’ai travaillé dans la fonction publique en parallèle et depuis que je suis en retraite, j’ai ouvert un cours à mon domicile.

 

Est-ce un art difficile ?

Contrairement à une idée reçue, c’est un art accessible à tous, à condition d’être accompagné bien-entendu. J’aime transmettre ma passion : faire toucher du doigt un monde fabuleux, mystérieux, voire qui fait peur à certains qui ne s’en sentent pas capables. J’ai remarqué que lorsque mes élèves disent à leurs amis qu’ils réalisent des sculptures, cela suscite un intérêt particulier et une certaine admiration de la part de leurs amis, un intérêt plus fort que la pratique d’un autre art. Si on peut considérer la créativité comme un don, la technique ne s’obtient que par le travail. J’anime des stages de modèles vivants depuis 25 ans, ce qui représente quelques milliers d’heures de pratique, ce qui me donne les outils pour réaliser ce que je veux.

Qu’aimez-vous le plus dans cet art ?

Pour moi, c’est vraiment l’acte de faire qui est primordial. Là où je m’éclate, c’est là (en montrant sa tête du doigt) c’est la mise en place, le montage de l’œuvre. Je veux qu’il y ait beaucoup de naturel, recréer le naturel d’un mouvement, d’une pose, d’une attitude pour que le résultat soit le plus plausible possible.

 

Comment avez-vous créé votre style ?

Mon style est influencé par deux artistes. Le premier est Mayol pour son sens du volume et la sculpture très sobre avec des volumes très pleins. Le second est Botero car il s’amuse avec la sculpture et c’est l’idée que j’en ai. L’influence de mon père compte également car il m’a inculqué des dogmes dont on ne sort pas complètement. Je joue aussi beaucoup sur le mouvement et le déséquilibre, quitte à repousser les limites des matériaux. La terre possède un degré de résistance limité mais je considère que le matériau doit s’adapter à ma création.

 

Comment le qualifieriez-vous ?

Ma sculpture est de l’ordre du ludique. J’ai pris le contrepied de nombreux artistes qui souhaitent exprimer les difficultés de la vie, le mal-être... Moi, j’ai choisi le bonheur, le positif à travers des scènes de vie et des personnages qui vivent de bons moments. Mes personnages inspirés de la bande dessinée sont colorés et leurs volumes sont traités schématiquement. Disons que je fais sérieusement des choses pas sérieuses. J’estime qu’il n’y a pas de honte à être heureux. Et puis, on créé ce que l’on est.

 

 

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