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"La part d'ombre de l'être aimé" : le premier roman de Pierre Sorin

Pierre Sorin

Enseignant retraité et Boscéen depuis plus de 30 ans, Pierre Sorin a écrit son premier roman « La part d’ombre de l’être aimé », paru en septembre 2016. Rencontre.

 

Pourquoi avoir attendu l’âge de 73 ans pour écrire ?

Ecrire un premier roman à 73 ans n’est pas banal mais la retraite favorise le choix de nouveaux loisirs. En fait, c’est mon vieil ami Joël RAGUENES, écrivain finistérien que j’ai connu en classe de philo, qui m’a incité à prendre la plume. Certes, j’aimais écrire mais je ne pensais pas me lancer un jour dans l’écriture d’un roman.

 

Comment l’idée de ce roman est-elle née ?

C’est en faisant des recherches sur mon père, chaudronnier à Indret qui fut envoyé en Allemagne en novembre 1942 comme 454 de ses collègues que j’ai constaté que l’on considérait parfois ces hommes comme des “collabos” !

Curieusement, la mémoire collective se souvient du STO, créé en février 1943, mais oublie souvent la Relève – envisagée dès juin 1942 - qui devait permettre le retour d’un prisonnier si trois ouvriers spécialisés acceptaient de partir en Allemagne. Cet appel au volontariat se soldant par un échec, une loi du 4 septembre 1942 organisa la mobilisation de la main d’œuvre qu’elle mettait le plus souvent au service de l’Allemagne. Environ 250 000 travailleurs quittèrent le France avant la fin décembre 1942. Il faut dire qu’il était très difficile pour un jeune de se soustraire à la réquisition, surtout quand on travaillait dans une usine occupée par les Allemands, ce qui était le cas à Indret...

C’est parce que leurs exigences étaient de plus en plus sévères que Laval créa alors le STO dont l’un des buts était de ne plus toucher uniquement le monde ouvrier. Cessant d’être catégoriel, le recrutement concernait des classes d’âge entières (40 à 42). Près de 450 000 hommes furent envoyés outre Rhin malgré une baisse des départs à partir de l’été 43.

Par contre, en 1944, pour l’opinion publique, les réquisitions prirent de plus en plus l’allure d’une déportation. La victoire semblant changer de camp, l’Inspection du travail, la gendarmerie et la police furent moins zélées dans la chasse aux réfractaires qui se cachèrent, trouvèrent refuge dans les maquis ou s’engagèrent dans la lutte.

 

A la lumière d’un tel contexte historique, traiter de “collabos” ces hommes – dont certains sont encore vivants – est vraiment leur faire injure. Ils sont d’ailleurs considérés officiellement comme “personnes contraintes au travail en territoire ennemi.”

 

Cette fiction est-elle inspirée de personnages réels ?

Le devoir de mémoire pouvant fort bien s’exprimer sous forme romanesque, il m’a semblé important de préciser dans quelles circonstances ces ouvriers avaient quitté leur famille. J’ai donc écrit un récit s’appuyant sur le déroulement chronologique des événements marquants du conflit mondial en insistant particulièrement sur l’actualité de notre région, je me suis attaché à évoquer les relations et la vie quotidienne de personnages issus de différents milieux, correspondant pour la plupart à des gens que j’ai connus ou qui ont témoigné.

 

Pouvez-vous nous résumer l’histoire pour donner envie de le lire ?

Bien sûr, il me fallait une histoire, celle d’une liaison entre Raymond, un ouvrier d’Indret, et Lysiane, une jeune femme de Rezé. Leur amour connaît des hauts et des bas jusqu’au 16 septembre 1943 où Lysiane disparait mystérieusement. Le jeune homme découvrira peu à peu la vérité, vérité confirmée 25 ans plus tard par son filleul qui dissipera définitivement la dernière part d’ombre de l’être aimé.

« La part d’ombre de l’être aimé » (Geste Editions). En vente en librairies.

 

 

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